Ne me choisis pas !

Publié le par Pétunia Kortecks

A peine poster le billet "Consoler le monde", je me tendinite la guibole. Déjà qu'une semaine auparavant, je m'étais coincé l'épaule. Et, ce soir-là, je reçois une lettre me disant que tu pourrais potentiellement débarquer. Que se passe-t-il ? Tout s'agite, je m'agite, mes neurones s'agitent, je monologue en silence, je ne sais que faire d'autre :

On peut pas être tranquille un moment ? Non, mais vraiment, non ! T'as eu où mon adresse ? Dans un catalogue ? Chez un voyagiste ? Une agence ? Tu te prends pour qui ? Y a des femmes bien plus intéressantes que moi ? Ne me choisis pas, je suis invivable. Je ne bois pas, ne fume pas, tu vas te faire ch ... Non mais c'est vrai, ça va pas la tête ? Je ne sais pas cuisiner, je déteste repasser ...

Non, tu faiches. Juste là maintenant, c'est pas le moment, ce sera jamais le moment que tu viennes du reste. Je sors d'une grosse crise d'avec ma pensée magique. Ben ouais, dès qu'y a un problème, je cours la chercher: Au moins elle, elle se prend pas la tête avec des principes logiques. Non, j'accours et hop ! elle me prend dans ses bras. Et c'est parfois la seule chose qui me fait du bien. Mais ces jours, on est un peu en froid.

Et puis je viens de me fâcher grave, j'ai frisé le divorce avec le grand barbu dans les nuages. Je sais pas ce qui m'a pris, une bête crise de foi, quoi ! J'sais pas pourquoi, le manque de signes ? Mais comment j'vais faire ? J'ai juste envie qu'on me foute la paix.

La science ? Oui, mais elle est moins tendre, elle n'y va pas par quatre chemins. J'arrive moins à dealer avec elle. C'est toujours bizarre, je décortique les articles et si, par hasard, une potentielle infime incongruence apparaît, je me transforme en Traviata du pathos. Bref, je gère très mal. Heureusement là, selon les sources, t'es par encore là, mais ça pourrait ... C'est comme un petit nuage gris foncé dans un ciel d'azur. Il y a de fortes chances qu'il ne se mette pas à pleuvoir juste sur ma tête. Je peux espérer et ce n'est pas le cas de tout le monde. 

Ce soir-là, un mythe tomba*. Longtemps j'eus l'inconsciente prétention que t'ayant croisé si souvent dans mon métier, j'étais définitivement immunisée ou que nous avions signé un pacte de non-agression. Reprenant mon souffle et quelque mouchoir, je descendis de ma prétention et allai étreindre mon humaine fragilité.

  • Bon alors franchement, t'as eu où mon adresse ?

  • Un Vademecum !

  • Non, je te demande pas ton adresse ! Mais là où tu m'as trouvée ? 

  • ...

  • Le hasard ?

  • ...

  • OUPS ! Je dois refaire des exas ? 

  • ...

  • Ah, quand même, c'est long !

  • ...

  • Ouais, ben j'espère que d'ici-là, t'auras décidé de t'installer ailleurs ... Non mais !

Ce soir-là, le ciel s'appliqua à me rappeler gentiment, que nos vies peuvent basculer d'un moment à l'autre. Etrange impression que tout en me bottant l'arrière train, il m'invitait à reprendre un peu d'altitude

* P ..., j'suis mortelle ! ;-)

Ne me choisis pas !

Publié dans Humour

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